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9 février 2017

Portrait d’influenceur : The Fitness Theory


Profil de l’influenceur

Prénom : Charlotte
Nom : Beaulat-Clément
Thème : fitness, food
Site : https://www.instagram.com/thefitnesstheory/  
et   www.thefitnesstheory.fr


 

Interview de l’influenceur

Tu as plus de 80K fans sur Instagram, 2K fans sur Facebook, tu gères le blog The Fitness Theory et tu publies des ebooks. Comment arrives-tu à gérer tout ça ? Y-a-t-il une partie que tu préfères ?

Pour l’avoir déjà fait, cette présence online, que j’ai créé de toute pièce en 2014, peut être un travail à temps plein : il y a toujours quelque chose à faire, un article à écrire, une photo à prendre, des mails auxquels répondre. Depuis que je suis employée à plein temps, j’ai du m’imposer une plus grande discipline, qui me permet de combiner à la fois ma vie professionnelle, le sport (puisque le suis bloggeuse sport et nutrition, c’est un pilier central de ma vie quotidienne), le blog et une vie sociale. En moyenne, je travaille 2 ou 3h par jour sur le blog en semaine (répondre aux questions, publier photos et articles sur les réseaux sociaux, etc.) et environ 5h par jour le weekend – puisqu’il faut prendre l’équivalent d’une semaine de photos pour instagram, luminosité oblige. J’aime me lancer des défis – j’arrive à la fin de mon 3ème ebook, qui me tient beaucoup à coeur – et, puisque c’est aussi un moyen de gagner de l’argent (je suis déclarée en auto entrepreneur), je le considère comme une série de tâches « obligatoires ». Bien sûr, ça reste du plaisir, et j’aime particulièrement passer du temps à écrire pour le blog. J’ai vu les stats monter au cours des mois et des années, je compte maintenant 55,000 visiteurs uniques par mois. J’ai à coeur d’offrir un contenu de qualité tout en gardant le coté « fun » pour moi.

photo instagram crepe confiture myrtille

thefitnesstheory page instagram

Quelles difficultés concernant la rédaction web sur un blog en 2016 – 2017 ?

D’une part, on fait face à une concurrence toujours grandissante : je parle pour mon secteur, mais j’ai vu les blogs fitness et nutrition fleurir et c’est parfois un peu démotivant. Il faut sans cesse s’adapter aux changements d’algorithme des réseaux sociaux, aux updates de google. C’est un combat pour offrir un contenu intéressant et qui peut être vu par notre audience. Aussi, on est parfois un peu perdus : comment monétiser au mieux ma présence, quels outils sont faits pour moi, comment faire appel à des freelances pour des coups de pouce ponctuels ?
Bloggeur en 2017, c’est être en permanence à l’affut des évolutions du digital. Que l’on ait le temps ou non!

En tant qu’e-influenceuse lifestyle, peux- tu nous parler des nouvelles tendances de consommation que tu as observé?

Un retour au naturel, de manière globale. Quand j’ai commencé le blog, axé au début purement sur la nutrition, il n’était question que de produits chimiques sans calorie, le focus était porté sur la perte de poids rapide. Ces derniers mois, un vrai retour au « mieux-être » s’opère : on cherche à manger mieux pour se sentir mieux, et pas pour être plus léger. Je vois aussi (parce que j’en fais partie) cette frange de bloggeurs sport qui, parce qu’encouragés par leur audience, se sont laissés dériver vers des extrêmes (toujours plus de sport, toujours plus « fit », toujours plus de restrictions, etc), en revenir et adopter un discours beaucoup plus positif quant au corps. C’est une vraie bouffée d’oxygène, et règne dans nos communautés (fitness et nutrition en France) un climat plus serein, plus apaisé, moins dans la lutte et la frustration. Quand la vague « healthy » a déferlé il y a 5 ans, venant des USA et d’Australie, on s’est tous rués sur une vision du corps parfait.. qui au final, ne correspond pas au mode de vie des personnes « lambdas ». Et ca ressent coté consommation! On en revient à des produits naturels, à la saisonalité des produits, à des plats « gourmands », à du sport plaisir (j’ai vu se multiplier les offres comme Try&Do, qui permettent de tester un peu tous les sports à Paris, plutôt que s’enfermer dans une seule salle pour lever de la fonte)… Du fun, du sain, du naturel. Tout le contraire d’il y a 2 ans.

Quels seront, selon toi, les enjeux digitaux de 2017 ?

Je dirais une réflexion profonde sur l’influencer marketing, qui me semble capitale si on veut garder un système efficace et ne pas lasser le consommateur. Parce qu’on est des milliers à avoir un peu d’impact sur le comportement d’achat d’une niche, les marques ont tendance à nous considérer comme le nouveau graal de la com online et a balancer des produits gratuits et des communiqués de presse comme si parler d’eux étaient une obligation. Mais les influenceurs ne sont pas des outils marketing: ce sont des humains, et je pense que le point fort de ce nouveau levier c’est justement les relations à long terme que l’on peut créer avec eux. Recevoir un produit gratuit en one shot ne m’apporte rien, par contre je tisse des relations de confiance depuis plusieurs mois (voire années, pour Natural Mojo) avec des marques, qui écoutent mes propositions créatives, qui me récompensent à hauteur de ce que je leur rapporte, et qui estime notre partenariat comme un atout. J’ai déjà des retours de followers qui me disent qu’ils en ont assez de voir toujours les mêmes marques sur instagram, sur les blogs, etc. On peut faire du marketing plus intelligent que ça, j’en suis convaincue, et il faut que les marques le comprennent avant d’arriver à saturation.

2016 était l’année de la vidéo, tu as toi-même créée une chaine YouTube. S’agit-il selon toi d’un contenu inévitable aujourd’hui ?

J’ai créé ma chaine youtube parce qu’on me l’a très longtemps réclamé. C’est un medium dont je ne suis pas vraiment adepte, étant relativement introvertie à la base. Je le fais parce que « je dois le faire », mais j’en tire une expérience: je suis obligée de travailler le montage vidéo et mes apparitions à l’écran. C’est un jeu, en somme. Je ne serai jamais une grande youtubeuse, je respecte les gens qui font ça mieux que moi – j’ai des amis youtubeurs chez qui ça a été inné : ils ont commencé bien avant la vague de 2016, et sont passés à des formats vidéos beaucoup plus lifestyle (instagram stories, snapchat, facebook live) depuis. Je sais que viendra aussi le moment ou je devrai m’y mettre à mon tour, et je le redoute un peu, mais quand on veut garder une fanbase adepte et habituée à ce genre de média, il faut savoir faire des compromis.

Je sais que tu es expatriée à Singapour, quelles différences as-tu pu remarquer sur les usages des réseaux sociaux par rapport à la France ?

Moi qui pensais arriver dans une région au top de la technologie, je me suis retrouvée à devoir expliquer à mes employeurs l’intérêt e Twitter, et les Dos and Don’ts d’instagram, par exemple. Instagram est (en asie de manière globale) réservée à la mode et aux photos de plats de restaurants, facebook garde le même coté « promotionnel » qu’en europe et twitter est quasi inexistant.. alors que des réseaux comme whatsapp et wechat sont à inclure dans toutes les stratégies. J’ai même découvert des plateformes de blogging coréennes, dont certaines stars ont des millions et des millions de fans.. et dont personne en france ne soupçonnerait l’existence.  Je crois qu’en Asie, en tout cas à Singapour, le culte du paraitre est encore plus exacerbé qu’en France: on achète pour montrer sur Instagram, on fait des selfies partout ou l’on va (il y a même un café nommé « selfie » qui imprime votre propre photo sur votre matcha latte… un must!) .. la culture est différente, et ça se ressent aussi sur les réseaux sociaux, en somme.